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LA MOTIVATION

   
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1.2.4. MOTIVATION

"Forces internes et/ou externes qui produisent - le déclenchement
  - l'intensité
  - la persistance dans l'action"

La motivation est d'une importance primordiale, en ce qu'elle détermine l'activité. En tant que paramètre déterminant de l'apprentissage, elle mérite une attention toute particulière de votre part.

Elle constitue en somme l'énergie qui fait tourner le moteur, qui va permettre d'engager et de persévérer dans l'effort à long terme que demande l'apprentissage d'une langue. Pour garder l'envie de travailler et progresser, le plaisir que vous y prenez est essentiel. Le fait d'apprendre, de développer ses capacités, la découverte et l'ouverture à l'autre, à une autre culture par la langue, peuvent constituer en eux-mêmes une expérience passionnante, une source de plaisir et d'accomplissement. Votre plaisir pourra être renforcé si vous privilégiez les ressources, les façons d'apprendre par vous-même qui correspondent à vos besoins et à vos centres d'intérêt. Vous trouverez ainsi le bon dosage, nécessaire à l'entretien de la motivation, entre désirs et efforts, qui vous permettra d'atteindre vos objectifs.

Il faut savoir aussi qu'une motivation "externe" ou "extrinsèque" (réussir un examen, obtenir une bonne note, ou pire ne pas échouer) n'est pas toujours suffisante pour le maintien de l'effort à long terme que nécessite l'apprentissage d'une langue. La motivation interne, ou "intrinsèque", qui trouve justement son origine dans le plaisir, serait la plus forte, en termes d'intensité et de persistance dans l'action. Cette motivation favorise de plus l'ancrage des connaissances.

Si la motivation est en partie influencée par le contexte d'enseignement, elle ne peut être que personnelle et individuelle, trouvant l'origine de sa dynamique entre référence au passé et aspirations d'avenir. Les expériences passées, les causes que l'on attribue à nos réussites ou à nos échecs, influencent notre confiance en nos capacités, et donc notre motivation. Avoir un projet personnel, une perspective d'avenir, un but que l'on considère important, favorise une motivation intrinsèque et durable.
Nos habitudes langagières nous amènent à conjuguer le verbe "motiver" à la voix passive, que ce soit du côté de l'étudiant "je ne suis pas motivé", ou de l'enseignant "mes élèves ne sont pas motivés". Habitude fâcheuse, car elle situe la responsabilité de la motivation ailleurs qu'en soi-même (par qui ou par quoi est on alors censé être motivé ?). Cela  conduit, plus ou moins inconsciemment, à accepter passivement son absence ou sa faiblesse comme un état de fait immuable sur lequel on ne peut rien.
Or, grâce aux apports des sciences cognitives, nous pouvons considérer aujourd'hui la motivation comme un processus dynamique et intentionnel, donc susceptible d'évolution.(voir le lien la volonté d'apprendre)

A la charnière entre cognitif et affectif, la description de ses composantes est complexe, car la notion de motivation renvoie à d'autres notions, telles que l'aptitude, les croyances ou l'affectivité, que nous avons regroupées sous le terme de perceptions.

 

Deux grands types de perceptions influencent la motivation en contexte académique et son évolution : les  perceptions internes (celles que vous avez de vous-même) et les perceptions externes (celles que vous éprouvez à l'égard du contexte d'enseignement dans son ensemble). L'approche sociocognitive les a distingué en termes de perceptions générales, qui concernent la perception de soi, de ses valeurs, de ses buts et aspirations, et les perceptions spécifiques, influencées par le contexte et le contenu d'apprentissage (perception de la valeur d'une activité, de sa capacité à l'accomplir, et de la contrôlabilité de son déroulement).

Pour entrer dans le détail et vous permettre d'interroger votre motivation, nous vous proposons un résumé de lecture d'un article de D. Toffoli (voir ci-dessous). A partir de différentes théories cognitivistes, cet article analyse les principaux facteurs internes et externes qui entrent en jeu dans la motivation, et décrivent comment ceux-ci influencent le comportement, avec plus ou moins de force pour produire le déclenchement, l'intensité et la persistance dans l'action, ou en d'autres termes la qualité de la motivation par le niveau d'efficacité et de performance qu'elle permet d'atteindre.
Pour en savoir plus sur les perceptions connexes (telles que les notions de confiance et estime de soi, croyance en son efficacité personnelle, etc.) qui entrent dans les composantes de la motivation mais admettent des définitions distinctes, nous vous renvoyons au paragraphe précédent (Perceptions).

Ainsi, pour "se motiver" (voix active et forme réfléchie !), croyez en vous, en votre capacité à apprendre, en votre pouvoir de produire de nouveaux facteurs de réussite... mais ne sous-estimez pas pour autant l'effort, la persévérance et l'engagement nécessaire pour apprendre ! Interrogez vos perceptions, cherchez en vous-même et identifiez les facteurs qui influencent votre réussite ou votre échec, interrogez-vous sur votre volonté d'apprendre, et modifiez votre attitude si nécessaire. Prenez conscience de ce qui dépend d'abord de vous, les facteurs internes sur lesquels vous  seul pouvez intervenir, et donc de votre part de responsabilité. En devenant l'acteur principal et responsable de votre motivation, vous cessez d'être à la merci de vos propres perceptions, de subir passivement ou de tout attendre de l'environnement, et reprenez le contrôle de ce qui est déterminant pour la réalisation de vos objectifs ou pour aboutir à de plus grandes performances.
Nous espérons que les lectures que nous vous proposons seront fructueuses, et vous engageront à interroger et à resituer votre propre motivation pour vous placer au plus haut de l'échelle motivationnelle !
Et si cela peut vous rassurer, sachez que ce n'est pas la dernière fois sur ce site que votre participation sera sollicitée !

 

POUR EN SAVOIR PLUS
La volonté d'apprendre : cet exposé propose une conception de la motivation qui place l'apprenant au coeur de la dynamique motivationnelle, et envisage la motivation comme un processus susceptible d'évoluer en fonction de facteurs internes propres à la personne et externes, liés au contexte d'enseignement. De plus, il développe de manière très intéressante une approche de l'activité d'apprentissage comme résultant d'une interaction entre volonté (motivation), capacité (aspect cognitif) et possibilité (liée au contexte) d'apprendre.

 

RESUME DE LECTURE
pointerd'un article de D. Toffoli sur la motivation

Sommes nous entièrement déterminés par notre environnement, comme certaines théories comportementalistes l'affirment ? De la réponse que vous ferez à cette question, vous pourrez vous considérer soit comme un être passif et laisser la responsabilité de la motivation au système éducatif, et attendrez tout de vos enseignants, soit comme un être actif en interaction avec son environnement, et dans ce cas, la responsabilité de votre motivation est partagée entre vous et  les autres acteurs de la formation, mais votre responsabilité est primordiale, car c'est votre motivation qui déterminera vos actions. Cette option semble la plus réaliste.
L’auteur s’appuie sur quatre théories cognitives de la motivation pour guider les apprenants :


LA THEORIE DES BUTS
où la motivation est étroitement liée à la définition des objectifs, à partir de laquelle le comportement sera influencé. Selon cette théorie, « pour être moteur et mener aux plus grandes performances, un but doit être difficile à atteindre, spécifique et voulu ». Selon la théorie du contrôle, les buts sont plus ou moins motivants selon qu’il s’agit d’objectif d’ordre comportemental concret, peu motivant, ou d’objectif d’ordre abstrait (devenir un bon professionnel)  beaucoup plus motivant. Dans cette hiérarchie motivationnelle, nous trouvons, du plus bas (peu motivant) au plus élevé (tres motivant) l’objectif concret, l’objectif de performance, l’objectif de maîtrise et l’objectif abstrait (Vallerand et Thill 1993)

 

hierarchie des buts

 

La hiérarchie des buts, par Toffoli, d’après Vallerand et Thill 1993

LES THEORIES DE V.I.E. (« valence » [valeur], instrumentalité, « expectation » [attente de réussite])
postulent que la motivation se construit sur deux fondements : la valeur que l’on accorde à l’objectif poursuivi ; et l’attente de réussite concernant ce même objectif (la probabilité de pouvoir obtenir le résultat visé). On peut y ajouter la notion d’instrumentalité, qui décrit la perception de l’utilité de l’action à entreprendre pour réaliser son objectif. Albert Bandura a introduit le concept d’auto-efficacité, c’est-à-dire une confiance en soi, en ses capacités personnelles à mener le projet à bien et la probabilité de réussite.


LA THEORIE DE L’ATTRIBUTION
postule que la façon dont un individu perçoit ou analyse ses résultats antérieurs et ce à quoi il les attribue va influencer sa motivation par la suite.
Une  "spirale de réussite" " se met en place lorsque les apprenants ont les moyens de se rendre compte de leurs réussites, de les attribuer à des paramètres identifiables, et ainsi de modifier leurs attitudes (croyances)."
Quatre causes de performance (capacité, difficulté de la tâche, effort, chance) croisées avec quatre perceptions possibles de réussite ou d'échec (stable ou instable, interne ou externe)

attribution

Schéma de l’attribution

« L’attribution de la réussite interne contribue à la perception de compétence et à la persistance dans l’apprentissage. Ces perceptions vont en retour influencer positivement l’apprentissage, en augmentant son potentiel de réussite. Une spirale de succès est ainsi enclenchée. »
« En revanche, l’attribution d’un échec a un facteur interne et stable démotive. »
« L’attribution de l’échec à des facteurs externes et instables a peut-être l’effet le plus néfaste, enclenchant une spirale négative de démotivation. »

« Les facteurs externes et stables peuvent être limitants ou facilitants, en fonction de la perception de l’apprenant. »
« Enfin, même après un échec, les espoirs de réussite ultérieure sont motivants et peuvent influencer positivement l’apprentissage, si l’individu attribue son échec à une cause « interne et  instable » - par exemple un manque d’implication personnelle »
« En somme, il vaut mieux attribuer des résultats positifs à des facteurs stables et internes et des résultats négatifs à des facteurs soit instables et internes, soit stables et externes, si l’on veut infléchir positivement l’apprentissage à venir. »

 

LA THEORIE DE L’AUTODETERMINATION
qui distingue motivation intrinsèque, motivation extrinsèque et amotivation, et « appréhende l’intensité de la motivation, son degré d’intériorité et sa relation avec l’environnement », selon cinq degrés.

La motivation intrinsèque « correspond à l’exercice d’une activité pour le plaisir et la satisfaction qu’on en retire », cette motivation est la plus forte, et la plus apte à produire le comportement désiré, en termes d’intensité et de persistance dans l’apprentissage. On distingue trois principales provenances et orientations de cette motivation :

  • la motivation intrinsèque à la stimulation (le plaisir de l’activité elle-même) ;
  • la motivation intrinsèque à la connaissance (le plaisir d’apprendre quelque chose ou d’explorer de nouveaux éléments) ;
  • la motivation intrinsèque à l’accomplissement (le plaisir de produire, d’accomplir ou de créer quelque chose)

La motivation extrinsèque  « serait induite pour des raisons instrumentales, pour se procurer quelque chose que l’on désire ou bien pour éviter quelque chose de désagréable. », et correspond à la notion classique  de la carotte et du bâton (régulation externe).
Trois degrés de régulations (externe, introjectée, identifiée) précisent la notion de motivation extrinsèque, pour lesquels  la motivation et le degré d’autodétermination vont croisssant.  L’origine de la motivation reste externe, mais la personne l’intègre de plus en plus pour son propre compte, jusqu’a l’intégrer complètement dans la régulation identifiée.
Une motivation intrinsèque ou de régulation identifiée présentent une intensité et un degré d’intériorité suffisants pour que l’apprenant puisse stimuler lui-même son propre apprentissage. Les autres auront besoin d’une aide extérieure pour avancer.
L’amotivation « représente la position d’un individu " lorsqu’il ne perçoit pas de relations entre ses actions et les résultats obtenus." »  Une personne amotivée devrait s’interroger, et peut-être envisager de se réorienter vers une autre formation.
« Ce qui distingue ces différentes classes de motivation, c’est le degré d’autodétermination lié a leur fonctionnement. […] C’est l’autodétermination qui mêne à la motivation intrinsèque. Ainsi, la création de conditions d’apprentissage informelles, qui favorisent l’autonomie, améliore la motivation intrinsèque et instaure indirectement un apprentissage plus efficace. »

motivation intrinseque

Schéma de l’autodétermination, d’après Toffoli

 

 

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